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Ce blog c'est un peu une façon de confronter mes (tentatives d') écrits au monde. J'aimerai fortement avoir des commentaires, pertinents si possible Je ne réclame pas des "trop bien" ou des "c'est nul", juste du constructif, qu'on me dise pourquoi vous aimez ou pas tel ou tel texte, que ça m'aide à avancer dans ma découverte de l'écriture. Je vais enrichir ce blog petit à petit, au gré de ma plume (j'avoue ma plume, c'est plutôt un clavier). La plupart de ces textes sont des jeux d'écriture, lorsque c'est le cas, le sujet est mis à la fin du texte Au plaisir de vous lire et que vous me lisiez! Je sévis / squatte / pose mes écrits aussi Là Bas
Petrouchka
Publié par Yunette dans Histoires de Vie (et rien à voir avec les sims!)
Une Volga avec chauffeur ronronne sur le bord d’une route, le ciel blanc laisse présager de la neige à venir. Un peu plus loin, une vieille femme progresse dans la steppe, silencieuse, perdue dans ses pensées. Un son, clair et coloré, la ramène à la réalité. Ce son – semblable à celui d’une cloche – la trouble bien plus qu’elle n’aurait cru. Elle s’essaie à courir, pressée, sa canne tapant contre le sol gelé. Ses souvenirs se confondent avec l’instant présent, elle se souvient ; cet endroit, elle l’a quitté il y a bien longtemps, lorsqu’elle voulut chercher ailleurs, un avenir. Elle l’a trouvé, bien loin d’ici. Elle revoit, comme en un rêve, le jour de son arrivée, ce jour où elle fut prise en charge ; elle revoit aussi ce moment où elle reçut un nouveau nom, ce nom qu’elle porte encore, qu’elle a fait sien, Petra. Elle a vécu là-bas, au milieu d’autres enfants qui, comme elle, s’étaient découvert un foyer. Leurs parents avaient préféré les abandonner plutôt que de les voir mourir sous leurs yeux, voire pire. C’était terrible – la famine – en 1922, terrible. C’est pourquoi ils fuirent, loin de tout ça ; des rumeurs disaient que tout là bas, en Finlande, les gens mangeaient à leur faim – trois repas par jour ! – et même, même qu’ils avaient de la nourriture à donner. Pourquoi avaient-ils ce creux douloureux dans le ventre ? Simplement parce que le gouvernement refusait toute aide internationale. Petrouchka – elle s’appelait encore ainsi – Petrouchka ajusta son mince manteau sur son corps maigre, prit son petit frère – Piotr – sur son dos et avança, droit devant elle, en direction du nord ouest. Dès qu’elle voyait un gamin, elle le hélait et tous – sans exception – la rejoignaient. Leur groupe devint de plus en plus important ; de village en ville, de ville en hameau, partout où ils passaient, les enfants suivaient. Ils n’avaient plus rien à perdre c’était un voyage de la dernière chance. Ce n’étaient que des mômes, ils partirent sur un coup de tête, ne pensant ni aux provisions – qu’auraient-ils pu emporter ? – ni aux fraîches nuits qui les attendaient. Avec leurs seuls vêtements, fins pour la plupart, ils surent dès la première nuit que leur périple allait être difficile. Petrouchka partit de Moscou, son frère accroché à son cou, il pesait si peu qu’il ne la fatiguait guère. Elle avança toute la journée ; le soir ils étaient douze. De jour en jour, leur nombre grandissait. Ils déterrèrent des racines pour tromper la faim, volèrent – ils eurent si peur – une charrette pour transporter les plus jeunes. Les chevaux et les bœufs ayant été dévorés depuis longtemps, les paysans ne dirent rien, trop affaiblis d’ailleurs pour leur courir après. Piotr était tellement chétif qu’il ne passa pas la première semaine. Ils commirent alors l’impensable, tenaillés par la faim, ils le mangèrent, d’abord hésitants, puis dans un état second, ivres de l’énergie étonnante débordant de ce maigre repas. Ensuite, le voyage ne fut plus jamais le même. Certains – malgré les protéines – continuaient à dépérir, personne ne l’avouait, mais tous guettaient, à l’affût d’un nouveau festin. Aucun ne fut tué volontairement, du moins de ce qu’elle en sait. Fouettés par l’énergie tirée de leurs compagnons, euphoriques, ivres de protéines, ils avançaient plus vite encore. L’espoir leur faisant trouver de nouvelles forces. Moscou à Petrograd – anciennement Saint-Pétersbourg, futur Leningrad –, tel fut leur premier trajet. On aurait pu les suivre à la trace, il suffisait de repérer les dépouilles laissées ça et là. Marche, marche et crève. Petrouchka ne comptait pas, ni les jours, ni ceux qui les rejoignaient, ni – surtout – ceux qui mouraient ; elle préférait ne pas connaître leurs noms, le souvenir de son petit frère toujours présent à son esprit. Elle avait mangé, comme les autres – après avoir tenté de défendre sa dépouille – résignée. Elle ne voulait pas à l’époque, mais elle sait aujourd’hui, elle sait que s’il fallait recommencer, elle croquerait à nouveau, encore et encore. Chaque jour de nouveaux arrivants, chaque matin un nouveau repas, et quel repas ! Plus ils avançaient vers le nord, plus ils mouraient mais ça ne les arrêtait pas, au contraire, ils s’approchaient de leur rêve, du pays où les gens mangent à leur faim. De Petrograd à la Frontière – la Frontière avec une majuscule, comme Futur, ainsi qu’elle se la représentait – le trajet fut difficile. La neige se faisait plus froide, les nuits plus rudes encore, jamais elle n’aurait cru cela possible. Leurs funestes repas se faisaient de plus en plus copieux, ils hâtèrent le pas, l’approche de leur but galvanisant leurs forces. Leur objectif était la Frontière, dans l’esprit de la fillette, de l’autre côté, il y aurait du monde qui les attendait. Il fallait qu’il y ait quelqu’un, il fallait qu’ils passent s’ils voulaient manger. Toujours plus vers l’ouest, la Finlande, ils y arrivèrent, presque. Ils ne pouvaient pas passer par le poste frontière, alors quelques kilomètres avant lui, ils coupèrent à travers champs. Ils progressèrent lentement dans la neige ; peu après ils abandonnèrent la charrette, elle s’enfonçait trop. Certains se mirent à courir, il ne restait que quelques mètres, peu de barbelés ici, la Finlande étant relativement neutre. Enfin la Frontière fut derrière eux, eux les survivants ils étaient environ deux cents – ce nombre avait été constant, régulé par les arrivées de nouveaux venus et les victimes de l’hiver –, mais personne n’était là pour les accueillir, personne. Au loin, Petrouchka repéra une fumée, elle la signala à ses compagnons d’infortune – vite réagir avant qu’ils ne se retournent contre elle – ; ils continuèrent d’avancer, affaiblis par cette course folle, cet élan du dernier espoir. Les plus jeunes furent portés, on espéra – sans le dire – qu’on n’aurait pas besoin de leur chair pour survivre. La fumée les guida jusqu’au poste Frontière, du bon côté du poste Frontière. Les gardes surpris, observèrent sans rien dire cette ribambelle de gamins squelettiques, puis un murmure parcourut les troupes, on ouvrit les portes de l’école, on y fit entrer les enfants. Tout le monde s’agita, s’affola, il fallait les réchauffer, les nourrir ! Ils furent pris en charge par un essaim tourbillonnant de villageois. Depuis le début de la famine, ce cortège représentait les seules personnes à avoir atteint leur village. Petrouchka, comme les autres, ne savait plus que faire – enfin des adultes ! – elle n’avait plus à diriger, plus à être forte, elle pouvait redevenir ce qu’elle était, une enfant, prise dans ce tourbillon de pensées, elle s’effondra. Une multitude de visions l’assaillit tandis qu’elle gisait, inconsciente – on lui expliquera, plus tard, qu’elle est restée fiévreuse et délirante pendant près d’un mois, elle voyait son frère, –surtout son frère et ce regard qu’il avait pour elle lors de leurs jeux – son frère mort ce fameux matin ; elle se voyait aussi déguster leurs affreux festins, la violence de leur faim, la force de leur appétit, avec quelle hargne ils se jetaient sur cette viande à peine froide. Elle hurlait dans ce demi coma, elle hurlait qu’elle ne désirait plus rien, juste oublier, oublier ses yeux, oublier le nombre de repas qu’elle avait fait, oublier leurs noms qu’elle avait retenus malgré son obstination à les ignorer. Le noir enfin, le noir absolu, elle sombra. Elle ne sut combien de temps dura cet oubli, cet oubli d’elle-même et des horreurs qu’elle venait de vivre. Elle se sentait détachée de son corps, ce corps qui réclamait pitance. Elle ne ressentait aucune faim – elle apprendra qu’on l’avait nourrie régulièrement à petites doses – ne ressentait rien en fait. Elle était pur esprit, un esprit à la recherche d’un corps à habiter, d’une vie nouvelle à explorer. Loin devant, dans ce néant absolu, elle perçut une lumière, un simple point lumineux, tel une étoile. Elle s’en approcha ; cette lumière devint plus forte, au point de l’aveugler, mais elle avança encore, elle se retrouva nimbée de lumière, environnée d’une douce chaleur. La lumière se fit jaune, puis vira vers l’orange, le rosé. C’est ce moment que choisit son corps pour faire tomber la fièvre, elle commença à s’agiter ses yeux mouvants sous ses paupières closes sur lesquelles un rayon de soleil tombait. Une ombre passa ; elle sentit une main fraîche se poser sur son front alors que ses yeux se rouvraient, là elle découvrit une religieuse penchée au dessus de son visage, souriante. La nonne prononça quelques mots d’une voix douce, des mots qu’elle ne comprit pas. Elle se montra du doigt « Tilda » puis pointa la poitrine de la petite. Les cordes vocales enrayées par ce mois de maladie, Petrouchka ne réussit pas à articuler son nom, sa voix rauque laissa sortir un vague « Pretrchka », la sœur du nom de Tilda en conclut qu’elle serait – momentanément – Petra. Le sommeil la rattrapa sitôt ce baptême terminé, un sommeil lourd, réparateur. Nouveau nom, nouvelle vie, ce sommeil fût aussi serein que le précédent avait été agité. Elle se réveilla l’esprit purifié, neuve, ses tourments toujours existants mais relégués au fond de sa mémoire. Les sœurs ne demandèrent pas aux enfants comment ils avaient survécu à ce voyage, encore moins de quoi ils s’étaient nourris, elles l’avaient lu dans leurs yeux et surtout avaient entendu Petra délirer. Elles ne leur en parlèrent pas et firent donner une messe pour leurs compagnons disparus ce qui les apaisa grandement. Bien que – trop – mûris par ce périple, ils décidèrent d’un accord tacite de redevenir de simples gamins ; ils se forcèrent à jouer au début, puis le naturel revint, les rires, hésitants tout d’abord devinrent francs, clairs, la cour de l’école en résonnait ; leurs yeux se remirent à pétiller. De peureux, farouches, ils se mirent à admettre l’éventualité d’un à venir, s’épanouirent, heureux même. Et ce, grâce à ces inconnus qui les avaient nourris, réchauffés, habillés, qui les avaient rendus à la vie ; ces étrangers, leur nouvelle famille. Leur ancienne vie, celle qu’ils avaient menée avant le cauchemar fut remisée dans un endroit de leur tête qu’ils contemplèrent peu. Quelques semaines après leur arrivée, les autorités décidèrent d’ouvrir un orphelinat ; peu d’enfants connaissaient l’endroit d’où ils venaient, aucun ne souhaitait y retourner. On leur offrit leurs nouvelles identités ; ce prénom – Petra – né d’un quiproquo fut sien légalement, ils devinrent "pupilles de la nation finlandaise". Et c’est là que Petra naquit, là qu’elle redécouvrit la vie ; là qu’elle put être insouciante, qu’elle put vivre sans craindre la faim, la terrible faim. Ce périple, Petra s’en souvient, et là, près du lieu de sa première naissance, quand elle entend – ce qui semble être – le marteau du forgeron, elle redevient la petite Petrouchka, celle qui courait au milieu des soufflets ; celle que l’on grondait parce qu’elle s’approchait trop du foyer ou parce qu’elle posait ses mains sur l’enclume. Elle court, comme elle le peut, en cette matinée fraiche de 1990, alors qu’elle a enfin pu revenir en touriste, faire ce pèlerinage dont elle rêvait tant dans ce village où elle a vu le jour, la première fois. Le "rideau de fer" est terminé – le mur est tombé – jamais elle n’aurait cru devoir attendre autant pour contempler son passé. Des bâtiments sont en vue. Elle trébuche, se rattrape à sa canne, relève les yeux et s’arrête net. Il a bien changé son village. Bien loin de son souvenir en fait, les quelques maisons clairsemées qui étaient à l’époque la banlieue moscovite ont disparu. Elle n’a pas rêvé pourtant, c’était bien le son d’un marteau sur une enclume qui l’a faite vibrer de tout son être tout à l’heure. Mais laquelle ? Devant elle, une nuée humaine sort d’une immense usine tandis que d’autres laissent échapper leurs ouvriers. L’une d’elle occupe l’emplacement de la forge de son père et, au vu de l’emblème or sur fond rouge, ce n’est pas lui qui a fait fortune. Elle ne s’attendait pas à le retrouver, ni sa mère d’ailleurs, trop de temps a passé, mais elle aurait aimé, oh combien aimé, revoir ce village où – bien avant de devoir partir – elle avait coulé des jours heureux. Cette plaine où elle jouait avec Piotr, le ruisseau où elle avait manqué se noyer, tout à disparu. Elle essaie de s’approcher un peu plus pour mieux se rendre compte du changement. Ses jambes se dérobent, et elle reste là, au milieu des architectures de béton et de taule, prostrée, lasse, vidée. Des ouvriers, pressés, s’étonnent de voir une vieille dame plutôt élégante, à genoux, en larmes tendant les bras à d’invisibles personnages et balbutiant : "Papouchka ! Mamouchka !". La neige commence à tomber. Cette neige la ramène à une autre neige, une neige d’il y a 68 ans, non pas celle de ce village, ni même celle de son voyage, mais celle qui avait le goût de la liberté, de l’espoir et de la renaissance. Petra se relève, les jambes flageolantes. Ce n’est pas ici qu’est sa vie, sa vie, elle l’a vécut bien loin d’ici, dans le pays où l’on n’a pas faim, où l’on peut rire, sans crainte. Ici, elle n’a que des souvenirs, heureux ou pas, mais son avenir sera auprès de ses enfants, Peter – ce fils qui a pour elle le même regard qu’avait Piotr, son frère – ses filles et leurs nombreux enfants.
Absurde
Publié par Yunette dans Euh... inclassable?
Un homme, une femme, dans un lit. Lui, – Le père Noël est mort à 23h59. – Quoi ? – Le père Noël est mort à 23h59. – Pourquoi tu dis ça ? t’as vu ça où ? – Mais nulle part ! J’imagine juste ça comme une possibilité, un délire en somme, pense à la une du journal le 25 décembre « Le père Noël est mort à 23h59 », et surtout à l’effet que ça aurait eu ! – Mais… et les cadeaux ? – Ben justement ! c’est ça qui est drôle ! Le père Noël qui serait mort juste avant de les distribuer ! Rien qui arrive, pas une luge, pas une poupée ni de soldat de plomb ! Nada ! – Pas même des billes ? – Rien de rien ! Rien que les rêves des enfants déçus le lendemain ! – Non, mais ce n’est pas possible ! T’imagine l’ambiance le lendemain ? – Bah ? pour une fois tout le monde sera la même enseigne le matin de Noël ! Pas d’enfant déçu parce que le cadeau ne lui plaisait pas à côté d’autres n’ayant rien. Il ricane. – Ben et les nôtres d’enfants ? hein ? t’en fais quoi ? T’imagine leur tête ? Non vraiment ça ne me plait pas qu’il ne passe pas, mais alors, pas du tout ! Je… je ne sais pas ce que je vais faire mais ça ne va pas se passer ainsi ! Elle se lève prestement, lui, la regarde faire. – Tu vas où ? – En cuisine ! je avis lui faire son goûter au père Noël ! Il arque un sourcil. – Et ? – Et je t’assure qu’il ne fera pas un coup comme ça ! Ne pas amener de cadeaux aux enfants ! C’est inadmissible ! Il ne fera pas de mal impunément, moi je te le dis ! Il la regarde faire, impuissant devant une telle rage et s’endort. – Un peu de farine, un œuf, de la mort aux rats, du lait… Elle chantonne presque en déposant le goûter funeste au pied du sapin. Puis retourne se coucher. Un homme en blouse blanche, un thermomètre à la main. – Heure du décès estimée à 23h59. Elle, – Il l’avait bien dit qu’il mourrait à 23h59 ! Grimaçant, – Par contre… ce que je ne savais pas, c’est que le père Noël, c’était mon mari ! Pièce de théâtre... consigne? "le père noel est mort à 23h59" et maximum 300 caractères de didascalies.
Rien qu'une Paire
Publié par Yunette dans Euh... inclassable? Chaque fois que je les vois virevolter devant moi, ça me fait le même effet. Minces ou rebondies – celles qui se montrent sont rarement maigres – leur parfum parvient à mes narines, mes yeux détaillent le grain de leur peau, fin, si fin. J’en salive. Il parait que ça ne se fait pas d’y toucher, que l’on n’a pas le droit. J’aimerai bien moi, y poser les doigts, délicatement, en avoir une paire, rien qu’une paire pour moi. Je m’en contenterai, pas la peine d’en avoir une douzaine. Y poser mes doigts et les laisser glisser tout du long, doucement. En apprécier la courbe, le galbe. En approcher mon nez, et en humer le parfum délicat, léger, si léger. Ha ! Respirer si près de ces cuisses rondes, les faire frémir de par mon souffle, ces cuisses où je rêve d’enfoncer mes dents, légèrement, pour en apprécier la fermeté. J’en tremble ! Elles sont si près de moi. Il me suffirait d’avancer la main, si peu, d’oser y poser le doigt, juste un doigt, une aérienne caresse volée… Mon Dieu ! Si je fais ça, je sais que je ne pourrai m’empêcher de les saisir à pleine main, à pleine bouche même, d’en exprimer la saveur, d’en savourer le goût ; il faudra que je laisse ma langue y courir, avidement, gourmande, que mes papilles s’en délectent, encore et encore. Mais je n’en ai pas le droit ! Elles sont si petites ces cuisses, si frêles, mes mains maladroites, mon immense bouche ne leur rendraient pas bien mon amour. Je pourrais les briser, les abimer ; et puis, une paire me suffirait-elle vraiment ou deviendrais-je insatiable ? M’en faudra-t-il toujours plus si je me laisse aller, si las de résister je m’abandonne à ce désir ? Je devrais plutôt me contenir, les laisser dans leur robe persillée, dorées à souhait, cette couleur ambrée qui leur va si bien ! Je ne craquerai pas, je garderai ma main rangée bien sagement, je ne vais pas l’approcher de ces demoiselles rangées en corolles, dans une pose suggestive, cuisses écartées. Non, ma main, ne te lève pas, n’avance pas plus loin, il ne faut…
Hé dis, Albert, tu les encadres ou tu les envoies les grenouilles pour la douze ?
Un, deux et trois
Publié par Yunette dans Articles par défaut Un, c’est toi, toi qui fis des conneries, qui fus enfermé pour ne pas avoir voulu jouer la balance. Une longue absence. Mais vous étiez déjà séparés. Deux, ce fut un amour, passionnel, qu’elle vécut à fond. Mais Deux, il savait, lui, il savait que malgré cette passion débordante, au fond d’elle, elle aimait Un. Chaque semaine, elle allait au parloir, chaque semaine elle revenait en larmes. Alors il avait compris ce qu’elle ne pouvait (voulait ?) voir. Comme ils n’étaient pas d’accord sur tout malgré leur passion, il est parti. Non sans lui avoir dit au revoir. Amoureusement, langoureusement, et sans les précautions d’usage. No comment. Deux parti, elle s’est retrouvée seule, mélancolique, malheureuse, très. Trois est arrivé. Trois a été un ami, sensible, sans gestes déplacés. Aucun. Au bout d’une semaine de gentillesses et d’attention, un soir, le soir de la mort de Brassens, ils ont mêlé leurs pieds. Rien qu’une fois. Un, tu es revenu, tu as repris tes marques, enfin… chacun chez soi, mais ensemble tout de même. Quelques semaines plus tard. Verdict. Enceinte. Pas de toi, mais tu te plais à le croire. La môme est née. Accouchement à la maison, t’as joué le docteur, bien, pis t’es parti te remettre de tes émotions, en boite. Là on se dit, mais Deux et Trois ? Deux, c’est un ami. Et il reste correct, ne se mêle pas de votre trio. Mais Trois, Trois il aimerait bien, qu’on lui dise qu’elle est de lui. Il aimerait ça lui, un enfant, et la mère avec ! Mais Deux et leurs amis lui disent de ne pas insister. Alors il se fait tout petit, dans l’ombre. Toi, Un, tu le dénigre, faudrait pas que la gamine sache. Tu veux son amour pour toi tout seul, jalousement, d’ailleurs, s’il n’y avait que toi elle ne saurait pas pour Deux et Trois.
Un soir, la môme, sachant sans vraiment savoir, elle a demandé à sa mère, dis, Un, c’est mon père ? Et la mère, un peu, beaucoup, hyper gênée dut lui répondre que ce n’était pas le cas. La gamine adorait Deux, d’ailleurs le père de sa meilleure amie (sa sœur ?), par contre, elle connaissait Trois, rien qu’un peu, et une haine viscérale, un dégoût profond la parcourait lorsqu’elle le voyait. Le lendemain de cette interrogation, tu es allée la reconnaitre. Ce n’était pas fait encore et elle allait avoir huit ans. Elle s’est découvert des grands parents, une paire. Adolescente, elle s’est rapprochée de Deux. Tu t’es fâché avec lui. Elle l’a moins revu, pourtant, elle aurait aimé que ce soit lui. Il n’y a pas si longtemps. Elle a ouvert les yeux. Les ressemblances, les cheveux, les yeux. Tout le monde s’accorde à le dire. C’est Trois son père. Toi-même tu l’as dit. Oh, pas à la môme, mais à la mère. Elle a vu Trois, tu le sais sans doute. Il n’a pas su gardé ça pour lui. Des gens lui en parlent à la gamine qui n’en est plus une. Ça s’est bien passé cette rencontre. Mais il n’y a pas eu l’étincelle. Et puis. Il a tout gâché. Il a fêté ça, et l’a appelée, ivre. Elle n’a pas donné suite.
Alors, moi, moi qui suis la môme, moi qui ai eu trois pères. Je voulais te dire, que malgré tes maladresses, ton manque de psychologie, parfois, souvent. Je t’aime, Papa. Et s’il ne doit y en avoir qu’un, ce sera toi, parce que malgré le sang qui ne nous unit pas, tu ne m’as jamais regardée comme la fille de l’autre, mais la tienne.
Faire l'éloge d'une personne proche... Nouveau jeu, nouvelle consigne. Je crains de n'avoir pas fait un éloge à proprement parler, bien qu'à mes yeux c'en soit un. (et oui, oui, je sais compter)
V(i)ol
Publié par Yunette dans Histoires de Vie (et rien à voir avec les sims!) Ne me dis pas qu’ils l’ont fait ! Comment ont-ils pu oser ? Ils savaient dans quel état ça me mettrait, que je ne saurais plus me contrôler que je n’aurai qu’une envie, celle de leur sauter dessus et de les exterminer un par un. Je sais bien, oui je sais bien qu’on s’était dit qu’on partageait tout ! Mais putain ! Bordel pas ça ! Je les avais prévenus, ils n’avaient pas le droit d’y toucher, on ne brise pas ces petites choses, non, ils n’avaient pas le droit. Je vais me les faire, un par un ou tous ensemble s’il le faut. Qu’ils viennent, tiens, je les attends. Quand j’ai du shit, je partage, si je me prends un kébab, c’est pour tous. Lorsque je fais mes devoirs du temps de l’école, je leur faisais aussi. Me suis-je fait avoir toutes ces années ? Tous ces efforts pour en arriver là ? On avait dit qu’on partageait tout… d’accord mais il ya des limites. Rhaaa, je suis en nage là, que dis-je ne nage, en rage oui ! J’en veux un, là tout de suite, maintenant ! Viens là petit con, viens là salopard je vais te la faire bouffer ! Je te promets que tu ne pourras plus t’en servir, et tu me connais. Mes promesses, je les tiens toujours. Et ne tremble pas comme ça ! T’inquiète, je vais mettre un élastique, ça fera pas hémorragie. Fallait réfléchir avant trouduc, c’est trop tard, le mal est fait. Vous l’avez détruite et par la même occasion vous m’avez détruit. Mon petit papillon à la main, fuis connard, fuis, j’arrive. N’oublie pas, je serai là, que tu sois prêt ou non, je serai là, tapi dans l’ombre, ou en plein jour. Là rien que pour toi petit enfoiré. Et ce sera la même pour chacun d’entre vous bande de salauds ! J’y étais presque, j’atteignais le paroxysme ! Ensemble, belle symbiose, je pensais une chose, elle l’exécutait ! Mais là, elle est aussi furibonde que moi, et elle est armée ! Méfiez vous bande de petits cons, elle n’a pas apprécié votre caresse, votre touché vicieux, malsain. Non mais qu’est ce qu’il vous a pris ? Vous étiez jaloux ? Vous vouliez votre part de plaisir ? Vous me répugnez ! Je ne veux plus vous voir ! Jamais ! Vous avez souillé mon œuvre, tout ce que j’avais construit grâce à elle. Et elle ne veut plus. Elle me repousse. Par votre faute ! Je ne la contrôle plus, je… Rhaaaa !
Un jeu, si si je vous jure. Il fallait parler colère, immense, énorme colère, et bien sûr... sans écrire ce mot.
Patriiick
Publié par Yunette dans Histoires de Vie (et rien à voir avec les sims!) Tout un programme. Tout prévu, nickel, réglé comme du papier à musique. J’hurlais ma joie ! Enfin, j’allais pouvoir le voir de près. Mon Patriiiiiiick ! Je suis fan ! Vraiment, totalement, à deux cent pour cent ! Toujours le sourire aux lèvres, on a fêté la toussaint, je souriais ! J’ai balancé les chrysanthèmes sur la tombe de l’aïeul, limite si je n’ai pas dansé dessus ! Pas par manque de respect hein, c’est juste que j’avais mon super walkman dernier cri à la ceinture, autoreverse, s’il vous plait ! Et que je n’arrive pas à m’empêcher de danser quand j’entends sa voix c’est tout. Dire que c’était censé être sinistre. Je chantonnais en souriant « Cassé la vouah, cassé la vouah…. Hummmm cassé la vouaaaaah ! » C’est qu’il déchirait grave hein. Et la mère qui me regardait, ben quoi ? J’aurai dû faire une dépression parce que sa grand mère qu’était décédée dix ans avant ma naissance reposait là ? Bon allez, d’accord j’éteins. D’un geste sec, j’ai appuyé sur un bouton, au jugé, ‘tend, j’ai la classe moi, même pas besoin de regarder où qu’il est le bouton. Je me penchai sur la tombe, toute fleurie pour l’occasion et je ne réussis pas à m’en empêcher, je fredonnai « on s’était dit rendez vous, dans dix ans… » Merde, v’la la mère qui m’a grillée. Je sens que je vais me retrouver à passer l’hiver dans ma piaule, que mon polaire, je peux m’asseoir dessus et pis que je peux aussi oublier tout les cadeaux de nowell… Bah, t’façons, t’as déjà pris ta décision hein, alors… perdu pour perdu hein… Je me redressai, observai aux alentours et cracha un « Faut bien rire un peu ! Tant pis si vous n'êtes pas content, on n'a pas tous les jours vingt ans ! » (Et pis t’façons, moi, je les avais même pas les vingt ans !).
Un jeu d'écriture, un texte qui se veut humoristique. Et ben, croyez moi, faire de l'humour sur commande, c'est pas facile.
Requiem
Publié par Yunette dans Euh... inclassable?
La toile qui m’enveloppe laisse filtrer de l’air. Le soleil est éblouissant quand on est roulé dans un linceul. L’image du saint suaire me vient à l’esprit. La chaleur n’est pas encore à son paroxysme et pourtant je baigne dans ma sueur. La chaleur… et la peur. La voix que j’ai entendue hier au soir se rapproche. Que va-t-il advenir de moi ? Moi, Pedro, simple fossoyeur de Chihuahua, cinquante ans et toutes ses dents. Enfin, jusqu’à hier, les dents. Le cauchemar de la nuit repasse sous mes paupières closes et me laisse tremblant. Une commande. La chaleur a tué un notable, il fallait faire un beau trou. Un beau trou ça veut dire neuf pieds de profondeur au lieu des six habituels et une bonne largeur. Arrivé à 8 pieds, ma pioche a heurté quelque chose, mes rêves enfantins me sont revenus en tête. Fiévreux, euphorique, je me suis mis à creuser tout autour de l’endroit qui résistait. Je ne m’étais pas trompé, il s’agissait bien d’un coffre. Frénétique, je l’ai dégagé et hissé hors du trou. Un coup de pioche bien placé dans la serrure l’a ouvert. J’ai cru défaillir. Une cascade de pierreries et de bijoux en tous genres s’en est échappée. Je n’ai pas eu le temps de réaliser ni de vraiment me réjouir qu’un bruit est venu me troubler. Cli-ic cli-ic De ces sons qu’on reconnaitrait entre mille. Celui qui vous glace l’échine. Le son d’un colt. Après le son est arrivé ce que je redoutais. Le froid glacial évocateur de mort du canon sur ma nuque. Et là, celui qui était à l’autre bout du canon n’a rien trouvé de mieux à me dire que : "Dans la vie il y a deux catégories de personnes... Ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent... toi tu creuses. " ça a été trop pour moi, je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander s’il n’avait pas un harmonica à me passer. Inconscient ? Sans doute. Surtout dégouté de n’avoir pas même eu le temps de profiter de cette richesse que je me découvrais. Ni même de me rendre vraiment compte que j’étais devenu riche. Ephémère sensation de bien être avortée. Il a sorti un harmonica de je ne sais où et me l’a collé dans la bouche. J’ai ravalé mon trait d’esprit, ma fierté et quelques dents. Sous son ordre, je suis redescendu, ai repris ma pioche et ai creusé, plus profond, toujours plus. Avant l’aube il m’a fait remonter. M’a assommé. Je me suis réveillé dans ce qui m’a semblé être un drap. Je sais désormais que c’est un linceul. La chaleur se fait de plus en plus sentir. Une autre voix lui répond. Ils vont me descendre, me descendre au fond du trou puis me descendre. On me soulève et l’on me jette sans ménagement au fond de la fosse. L’harmonica qu’il ma laissé coincé entre les lèvres exhale un son plaintif. Clic clic Le son n‘est pas hésitant cette fois. Il va tirer. Pan ! Noir, rideau, adieu. Fin de l’acte. Je perds conscience. Suis-je mort ? Une douleur sourde dans mon mollet droit me ramène à la réalité. Enveloppé dans mon linceul, il n’a pas discerné ma tête de mes pieds. Je sens une pression au dessus de moi, ouvrant les yeux je me rends compte que le soleil a disparu. L’air se raréfie. Une grosse pression me coupe le peu de souffle qu’il me restait. Dans un dernier sursaut je joue la complainte de l’homme à l’harmonica. Requiem pour le mort qu’on vient de déposer sur moi.
JPH : Cinquante ans, une pelle, un flingue, un cimetière, de l'or, le mexique.
Pseudo Conte
Publié par Yunette dans Euh... inclassable? Il était une fois dans un Assez Vieux Pays, un roi nommé William qui ne tolérait ni les hèssèmèsses ni les fautes de grammaire. Il fit clamer son message à travers tout son royaume par les Siwens d’eau douce : « Nul ne commettrait de faute de langage en son Royaume sans se faire punir pour trouble à la grammaire publique. » Pour ce faire il avait d’ailleurs créé la brigade de Correction Royale de Stupidité chargée de reprendre chacun ou de l’affubler d’un sobriquet. Un jour la frêle Frehelle, armée d’une pe-Titeplume, décida de se lancer dans l’écriture d’une ode à la nature. La pâle jeune femme ne savait par où commencer tant elle était effrayée à l’idée de faire la moindre faute, ce qui l’aurait condamnée à rencontrer la terrible dragonne. Par un matin pluvieux, elle se mit à écrire. « Jveuxdusoleil » pensait-elle, « comme il n’est pas là, je vais l’imaginer ».
Une Marmotte témoin de la chose, s’empressa auprès de son amie l’Hirondelle qui le chanta à tout va. Entendant cela, un Djin estimant que la malheureuse fautive ne méritait pas tel sort, se transporta immédiatement auprès d’elle. «Désires-tu mon aide ?» lui chuchota-t-il à l’oreille. Frehelle s’empressa d’acquiescer, elle ne pouvait sire mot, la peur scellant ses machoires. Le Djin fit apparaitre un hobbit, ménestrel de surcroit ; ce petit homme qui se nommait Bilbo se mit à jouer une Polka de sa lyre désaccordée et à chanter à tue tête. Les oiseaux s’envolèrent de toutes parts, dérangés par le vacarme. Guylou entendant cela se dit que la malheureuse faute de la jeune femme ne méritait pas de laisser autant souffrir ses oreilles et s’enfuit au fond de sa grotte. Le Djin les ramena sur le continent, dans un endroit du royaume que le seigneur visitait peu et leur bâtit une grande maison. Frehelle et Bilbo se marièrent alors et eurent beaucoup d’enfants… enfin, une déjà, pour commencer. JPH, comme d'hab, écrire un conte, insérer quelques mots... je me suis inspirée des pseudos des gens sur avp... voilà!
Spéléo
Publié par Yunette dans Histoires de Vie (et rien à voir avec les sims!) Deux silhouettes parmi les ombres, Un faible faisceau traverse la pénombre qui a envahit la grotte. Les deux explorateurs se rapprochent l’un de l’autre, la présence de la lumière faisant paraitre les parois plus lointaines encore. Un battement d’ailes, loin au dessus d’eux les fait sursauter ; Martine est prise d’un rire nerveux dont le son se répercute, faisant écho au loin. Jacques s’énerve Ils s’avancent précautionneusement, Jacques avance d’un pas sûr, malgré sa sœur accrochée à lui. Le pied de Martine glisse sur une pierre, elle perd prise, entrainée immanquablement vers l’arrière ; elle pousse un cri strident tandis que son frère la rattrape d’une main, se raccrochant à la paroi de l’autre. Elle se love dans ses bras, le cœur battant à tout rompre. Se le tenant pour dit, elle reste coite, éclairant le chemin qui les mène à la sortie. Le bruissement semble s’accentuer, les battements s’approchent de ses oreilles, elle accélère le pas, paniquée. Après quelques tours et détours, ils atteignent une porte. La lumière perce à travers. Elle se jette sur la poignée, mais la porte est fermée, verrouillée. Jacques ricane ; levant sa lampe Martine aperçoit l’éclat de la clef dans la main de son frère. La porte s’ouvre laissant pénétrer un rayon de soleil dans la grange de Grand-Pa, éclairant çà et là la grotte, un amas de métaux, de bottes de paille et de tissus. Tout là haut, près des fenêtres de plexiglas tendues de toile de jute, les chauves-souris roucoulent. Martine sort, courant vers la lumière, les yeux encore humides et se retourne vers son aîné, un grand sourire aux lèvres
JPH encore: Un homme, Une femme enfermés à clef... tadam...
La chaine du sous-titré
Publié par Yunette dans Articles par défaut
1. Attrapez le bouquin le plus proche
Le premier arrivé dans ma paume ? Pearl Buck, « Les fils de Wang Lung »
3. Trouver la cinquième phrase et citer les trois suivantes
« Ainsi les cents se rassemblèrent et Wang le Tigre les compta, et quand furent arrivés tous ceux qu’il savait qui viendraient, il donna l’ordre de tuer les bœufs et les volailles et les cochons aussi. Alors les hommes se mirent de tout cœur à cette besogne, car ils n’avaient pas mangé de très bonne viande depuis nombre de jours. Les uns allumèrent les fourneaux et les firent ronfler, d’autres allèrent puiser de l’eau à un torrent de montagne qui coulait près de là, et les autres tuèrent les bêtes, les écorchèrent et les coupèrent en quartiers. »
4. Dénoncer le taggueur (celui qui m'a arrimée à cette chaîne) il s'agit d'Elvys! Une poétesse, un art d’écrire, étonnant, déroutant et troublant.
dont la plume nous emmène, doucement, au gré du vent.
Une scribouillarde, débrouillarde de la plume qui nous entraine dans la valse des ses mots.
Des mots distillés pour dire, rire, sourire, jouer, enjouer ... et surtout donner un sens à la vie.
Une femme qui nous parle de sa vie, sa vie au japon, là où elle est "la Gaijin" avant d’être elle, Mimisan.
De la poésie, des mots, des maux, les siens, ou pas…
Au-delà des Ondes
Publié par Yunette dans Euh... inclassable?
J’ai remarqué que, de temps en temps, lorsque j’éteins la radio, elle continue à marcher. La première fois je ne m’en suis pas rendu compte ; parti me coucher, je l’ai découverte – grésillant – le lendemain matin. J’ai simplement cru que je l’avais oubliée. Mais aujourd’hui, j’ai beau tourner le bouton, rien n’y fait. Je tire sur le fil. Le son persiste.
Je me tourne et me retourne – rien – je ne trouve pas le sommeil, impossible de me sortir cette fichue radio de la tête. Quitte à ne pas dormir, autant que ce soit en l’écoutant. Alors, un thé, une couverture et je m’installe dans mon fauteuil favori histoire d’en savoir plus.
Tout à coup je discerne quelque son malgré les parasites ; une musique étrange, ainsi qu’une voix, j’augmente le son :
Etonné de ce tour de force, mais soulagé, je ris ! Ce n’est qu’une émission de radio ! Un truc à la gomme dans le genre « vous entrez dans la quatrième dimension » Pour la peine, je vais m’en délecter ; je me pencherai sur le problème de la retransmission plus tard.
Le grésillement s’est tu, enfin. Comment se fait-il que cette radio a pu me transmettre cette émission ? Mais suis-je bête ?! Ce ne peut être qu’un oubli de ma part. J’avais laissé les piles lors de ma dernière sortie. Comment ? Pas de piles ?
Tout à coup mes trois (trois ?) yeux accrochent le miroir je me reconnais vaguement mais ce qui me choque le plus c’est cette peau verte, écailleuse… et ces deux soleils qui se lèvent par delà les immeubles.
Jeu d'écriture (pour changer), il fallait commencer les texte par : "J’ai remarqué que, de temps en temps, lorsque j’éteins la radio, elle continue à marcher."
Voyage
Publié par Yunette dans Histoires de Vie (et rien à voir avec les sims!)
Ca y est, les enfants sont bouclés, les valises bien sages, on va pouvoir décoller. La petite trépigne dès les premiers kilomètres « Meuh ? Meuh ? » T’inquiètes ma puce, t’auras tout le temps de les voir sur la route tes vaches. Le grand ouvre la bouche, je sens que je ne vais pas y couper « C’est quand qu’on arrive ? ». Je l’aurai parié, à peine partis et il commence à être chiant. C’est quoi aussi ton idée à la gomme là ? Partir en vacances… C’est nouveau ça que t’aimes les vacances ? Pas comme si t’en avais besoin, tu bosses pas !
Jeu d'écriture sur le thème des vacances, j'ai choisi la montagne et ses mots imposés: vache, océan, embruns,dextre, parti pris.
Borsalino
Publié par Yunette dans Histoires de Vie (et rien à voir avec les sims!) Quand j’étais jeune et con, tiens, tout comme toi petit ; quand j’étais jeune et con donc, je m’imaginais finir riche, je rêvais d’être un mafioso sans scrupule, de porter un costume trois pièces agrémenté d’un borsalino… Ah ! Ce que j’aurai aimé diriger une famille, qu’on vienne me baiser la main en m’appelant « Parrain » et que même le pape me respecte ! Il est vrai que je ne suis pas né dans la cuisine du diable et que les seuls mafieux que j’ai vus se trouvaient sur une toile de ciné du quartier Montparnasse. Les Don Corleone dont j’avais toujours été le plus grand admirateur n’étaient que des acteurs… Mais quels acteurs ! Brando, de Niro, Pacino (que des O !) des hommes à l’image des mafiosi tels qu’on les imagine ! Ah ça oui… j’aurai aimé, mais voilà… Je suis né en 45, j’ai passé mon certificat d’études et je suis resté à Paris, là où j’avais grandit. J’en étais proche de tous ces grands ! Je n’aurai pas pu faire plus proche, j’étais devenu Projectionniste. Et toujours au Montparnasse. Bon, ce n’est plus la même petite salle, ils nous ont mis un truc énorme, « Gaumontparnasse » ils appellent ça. Et le rythme n’est plus le même, il y a tellement de films que je ne peux pas tous les connaitre, j’aimerai bien pourtant, comme à mes débuts, passer en boucle le même film et ce pendant six mois. Maintenant je n’ai plus le temps d’apprécier, cinq nouveaux films par semaine, une vraie boulimie créative ! En attendant la retraite, à chaque congé, je me réfugie au Luxembourg où je file des coups de canne aux passants, comme dirait l’autre, bien qu’ils ne mangent pas de pain.
Le gamin observe le vieux en coin, l’écoutant raconter sa vie – ça fait passer le temps – il s’imagine vieux lui-même, faisant le décompte de sa vie à un jeune con, assis sur un banc, au Lux. Il ne sait pas encore comment il sera, ce qu’il lui contera au gamin, pour l’instant il est en seconde Gé, pas fixé, pas encore prêt, peut être. Et puis, il a le temps non? En tout cas, il le croit. Il est encore persuadé d’avoir l’avenir et le monde (l’avenir du monde ?) entre ses mains. Bon il n’est pas dupe hein, au fond de lui, il sait bien qu’il ne l’a pas vraiment. Enfin, il s’en fout, ou pas d’ailleurs, ou pas. J’suis content quand même… J’ai réussi à l’avoir mon borsalino !
Jeu d'écriture, il fallait s'inspirer de cette photo de Pierre de Fenoyl
OPALE
Publié par Yunette dans Simili Fantasy
Opale, un nom qu’il m’a donné le jour où il m’a trouvée. Je ne sais pourquoi, mon père adoptif étant décédé, il me serait difficile de découvrir son intention. Aujourd’hui, il faut bien avouer que ce n’est plus mon principal souci.
Il serait d’ailleurs bon que j’arrête de tergiverser et que je me décide ; dois-je faire face à mes ennemis ? Ou bien faut-il que je m’enfuie ? D’ailleurs si je fuie, où fuir ? Me rendre ? Non… cela ne me ressemblerai pas. Combien sont-ils ? Pas plus d’une dizaine je pense… Avancer un peu plus loin, que je prenne de l’avance. Là, après l’arbre, un ruisseau, je vais pouvoir me désaltérer. Mince ma robe… accrochée… espérons que ce petit bout de tissu ne les mettra pas sur ma trace. Prendre garde à l’endroit où je mets les pieds ; ce n’est pas le moment de me blesser. Je ne me suis jamais aventurée aussi loin sur les terres de chasse du Roy. Par où dois-je me diriger ? Réfléchis, Opale, réfléchis.
Du bruit, qu’est ce que ? Les voila ?! Non, Non ! Pas déjà ?! Comment se fait-il que je n’aie vu personne arriver ?! Un son, juste derrière moi… pitié… Me voilà bien…
Que s’est-il passé ? Ma tête… Les traitres, ils m’ont assommée, ligotée, où suis-je ? Un cachot visiblement, la pierre suintante m’en donne l’impression. D’un côté, la décision fut simple à prendre, d’un autre, la situation n’est pas des plus plaisantes. J’aimerai vraiment savoir ce qu’ils me veulent, ce qu’ils me reprochent. Qu’ai-je donc fait, que me reprochent-ils si ce n’est mon apparence ? Et ces liens me blessent ! Non, je ne geindrai pas, je ne leur ferai pas ce plaisir. Mais quand même… Hein ? Que se passe-t-il ? Une sensation de chaleur là où les liens me meurtrissent les poignets. Libre ? Qui est là ? J’ai beau tâtonner autour de moi, je ne perçois personne.
Pas le temps de me poser des questions, tout à l’heure – combien de temps au fait ? – cela m’a valu de me faire prendre. La sortie, trouver la sortie, je veux de l’air, je… Cette lumière… on dirait… on dirait bien qu’elle émane de moi ! Suis-je en train de brûler ? Est-ce qu’on ne m’a libérée que pour me traiter comme une sorcière ? Etrange, je ne ressens aucune douleur, la douce chaleur qui émane de moi aurait plutôt tendance à me soulager. Que suis-je ? Du calme, surtout, du calme.
« Par ici messieurs-dames, suivez-moi, s’il vous plait » autant de phrases qu’il répétait machinalement, jour après jour ; ça et la tenue ridicule qu’il portait – les guides étaient vêtus à la façon de fous du Roi – étaient les principaux défauts de son travail. Mais aujourd’hui, lui qui rêvait de changement, allait être servi ; à peine arrivé dans les sous sols il s’arrêta net. Il y avait de la lumière. Pourtant, à cette heure, seul son groupe aurait dû s’y trouver. Il reprit la visite mine de rien pour ne pas faire paniquer les visiteurs et, prudemment, il les emmena loin de sa source. Pour éviter les interrogations, Bastien expliqua à ses touristes sur le ton de la confidence, qu’un spectacle « sons et lumières » était en préparation ; il leur demandait donc la plus grande discrétion. Elle semblait chatoyer, sombre, aux reflets multicolores, semblable à une aurore boréale. La fin de la visite se rapprochant, il raccompagna son groupe à la sortie, prit un sac à dos contenant son équipement de survie, mis un panonceau « risques d’éboulements » sur la porte des catacombes, puis il s’avança.
Ah ? Oui, du bruit à nouveau, très léger. Et cette fois, il se rapproche, un seul pas, je, je discerne quelque chose. Qu’est ce… Quelle est cette diablerie ? Une lumière mouvante, étincelante, on dirait qu’elle sort d’un bâton. Où suis-je ? Serait-ce quelque repaire de sorcières ? Une forme s’approche, un homme, un … un… bouffon ?
Ce texte est un éventuel début de nouvelle, il ne me manque que la motivation, le temps et... l'inspiration!
Son
Publié par Yunette dans Euh... inclassable?
Dans un amphi bondé, un chercheur, surexcité, se pavane devant un comité d’acheteurs potentiels et autres scientifiques intéressés. Madame, Monsieur laissez moi vous présenter l’aboissonniet ! Un jour, excédé des hurlements des chiens du voisinage, je me suis mis à rechercher une nouvelle forme de collier anti aboiements. Je n’adhère pas à la forme de ceux actuels qui soit donnent une décharge au chien qui se laisse aller à faire son travail, soit lui offre une bouffée d’une senteur qu’il déteste, au risque de lui bousiller son odorat. Imaginez ! Grâce à ce tout petit appareil, vous choisissez le périmètre où vous voulez conserver le son… Je m’explique, votre maison est entourée de nuisibles… aéroports, trains, voisins plus que bruyants… chiens… non je ne les oubliais pas ! D’ailleurs, je vous le prouve immédiatement voyez, je ne veux qu’un diamètre de 25 mètres autour de moi, je règle donc cette molette… je disais… cette molette, mais tourne bon sang ! Je suis désolé messieurs dames, mais il semblerait que le bouton se soit bloqué à 5 mètres… Je vais remettre le son, hihi, comme une télécommande vous dis-je ! Fabuleux n’est ce pas ? Euh… bon… euh… il semblerait que j’aie un petit problème… Ah oui… vous ne m’entendez pas. Je vais vous l’écrire en grand là sur le tableau :
Un demi-siècle plus tard… la faune s’est éteinte, les animaux ne s’entendant plus dépérissent peu à peu. Et dans une vieille ville, une file d’être humains déambulent dans le plus grand silence… Enfin qu’est ce que le silence quand on ne connait pas le bruit ?
De l'évolution du Langage
Publié par Yunette dans Réflexion... Ou Pas...
Si je pars du principe qu’un langage évolue au cours du temps, et qu’il s’appauvrit au fur et à mesure que le temps s’écoule, je vais pouvoir vous démontrer ce que sera la langue française d’ici quelques siècles seulement.
Aujourd’hui, chacun utilise l’ellipse ; des mots doubles sont accolés tel le « contretemps », on tend à supprimer tout ce qui n’est pas indispensable au risque de perdre toute trace de l’origine latine. N’oublions pas que de toutes les langues dérivées du latin, le français en est la plus éloignée.
J’ai pris l’exemple du Français, mais l’Anglais, à sa façon, observe une évolution quasi similaire :
Avec les nouvelles technologies de communication, le langage se simplifie.
Pourrait être déclinée ainsi en langage courant du XXIème siècle :
Et par écrit sur nos téléphones ou sur internet :
Le tout bien sur ponctué de « smileys » en tous genre, car les mots ne suffisent plus pour exprimer nos ressentis. Bientôt nous n’utiliserons plus que ces seuls « smileys », les mots seront superflus. En fait on peut d’ores et déjà dire que la langue chinoise est ce qui correspond le plus à notre future façon de communiquer, tout du moins par écrit. Chaque caractère étant un dessin à la base, cette écriture sera la plus approchante.
Pour ce qui est de l’oral, avec l’avènement des technologies de communication, notamment l’internet, les plus fervents communicants se retrouvent incapables de discuter avec leur entourage autrement que par onomatopées.
Encore un jeu... mais surtout un beau hors sujet... on devait faire un compte rendu pataphysicien... je suis trop rationnelle et réaliste dans ce texte.
Multiples
Publié par Yunette dans Euh... inclassable?
« Un personnage des plus étranges a récemment disparu d'un asile d'aliénés privé près de Providence. Ne vous laissez pas aller à la panique, il n’est pas dangereux. » L’article était suivi du portrait d’un homme en blouse blanche.
Jo, énervé, déchiqueta le journal. – Pas dangereux, grommela-t-il, vous en foutrais du pas dangereux, moi. – C’est vrai quoi, on ne l’avait pas enfermé pour rien non plus ! Les triplés qu’il avait séquestrés, pendant 8 mois, les jumeaux qu’il avait torturés, tous avec des tuyaux branchés de partout. Que des multiples ! Dès qu’il en voyait, il fallait qu’il les enferme, et ce, le plus longtemps possible. Puis, s’ils réussissaient à s’échapper, il les reliait à des machines, les entourait de bips incessants, espérant que leurs sens en soient émoussés, il voulait les voir souffrir, recroquevillés dans leurs bulles. Séparés, héhé, séparés… Là était son plus grand plaisir, leur enlever la joie d’être ensemble.
Et il n’opérait pas seul, il dirigeait toute une équipe, ceux-ci s’occupaient du rapt, du ravitaillement, de l’enfermement des multiples. Ensuite, il s’en chargeait lui-même. On les lui amenait, et il faisait tout, tout ce qu’il pouvait pour les garder dans leur bulle, il la chouchoutait, la bulle, même s’il la branchait ; il n’y avait pas de raison qu’elle ne souffre pas un peu aussi non mais !
Il s’en foutait un peu de s’être fait enfermé… mais la veille, des triplés étaient venus lui rendre visite, il ne pouvait pas décemment les laisser sortir, il fallait qu’il s’en occupe ! Il s’était alors échappé, les avait suivis, et il était retourné dans son repère – heureusement ses hommes étaient libres, ils avaient été lavés de tous soupçons – il leur avait décrit sa cible, hors de question qu’elle lui échappe… Ses hommes, toujours fidèles, avaient fait en sorte de le satisfaire. Et il avait pu les séquestrer, ces triplés, ils étaient là, détendus, endormis… Un sourire sadique se dessinait sur le visage de Jo. Ceux-là… il ferait ce qu’il n’avait jamais réussi à faire avec aucune autre fratrie…, ceux là, il les garderait 9 mois! Il y arriverait, il en était sûr.
Oh non ! Déjà ?! Le service psychiatrique l’avait retrouvé… Ce n’étaient pas ses hommes qui l’avaient trahi tout de même ? Pourquoi le regardaient-ils tous ainsi ? Un regard emprunt de pitié, un peu de fierté, certains le regardaient droit dans les yeux, d’autres baissaient la tête… Il se sentait humilié, trahi…
Un encart dans un journal « Le gynécologue fou a été retrouvé et ré-enfermé dans le centre de Providence. Dans sa fuite, il a permis à une femme de ne pas accoucher prématurément. Cet homme, dans son délire, a sauvé bien des vies ; d’un seul coup d’œil il savait reconnaitre une femme enceinte, et surtout le nombre de fœtus. Grâce à lui, nombre d’entre eux sont restés presque jusqu’à terme dans le ventre de leur mère. On ne sait trop ce qui se passait dans son esprit ; bien qu’il leur fît le plus grand bien, on a compris qu’il le faisait dans un esprit malveillant. C’est pourquoi il restera ici, enfermé dans une bulle, coupé du monde ; et pour sa part, bien plus de neuf mois. »
Jeu d'écriture encore, il fallait commencer le texte par : " Un personnage des plus étranges a récemment disparu d'un asile d'aliénés privé près de Providence."
A moitié endormi, je suis bien, là, tout contre toi. Soudain ton cœur s’accélère, tu cries ! Tu me fais mal, me serres pas comme ça ! Que se passe-t-il ? Où sont tes bras ? Maman ! J’ai froid, j’ai chaud… ma tête… Maman… Maman. Où suis-je ? C’est tout vert autour de moi, j’entends des cris, je discerne ta voix, ta voix si faible, je t’entends Maman, je suis là… Pourquoi tu ne viens pas me chercher ? Des bras, enfin ! Ce ne sont pas les tiens ! Maman ! Où es tu ? J’ai mal, Maman, j’ai peur… je t’entends là, tout près, Maman… on m’emmène… Maman ! Les badauds s’approchent… Des phrases flottent dans le soleil matinal « Elle a eu de la chance ! Le bus s’est arrêté à ça.» Un peu plus loin, au pied d’un panneau, les commentaires sont moins optimistes. Ces phrases, ces phrases déchirent le cœur de la mère et résonnent dans sa tête. Elle essaie de se lever, d’appeler. «Elle est réveillée ! Qu’est ce qu’elle dit ? Ne dites rien madame. N’essayez pas de bouger surtout, les secours arrivent » Elle tente de hausser le ton « Mon bébé… Où est mon bébé ? » on ne l’écoute pas « Calmez vous, madame » Tout à coup un cri fuse « Là dans le fossé ! Il y a un bébé ! Vite ! Il est en vie ! » L’enfant hurle, couvert de sang, sa mère le réclame, la mère est soulagée, s’il hurle, c’est qu’il vit ; une ambulance qui passait par là l’emmène. Le chauffeur du car, hébété par le choc, la peur et l’alcool ne cesse de bredouiller « qu’ils sont arrivés comme ça et qu’il n’a rien pu faire ». Un second véhicule médical arrive, enfin, on y charge la mère ; les secours commencent à partir, laissant là le père… pour eux condamné. La mère puise dans ses dernières forces pour protester ; finalement, ils vont le chercher et le posent nonchalamment au sol même du camion « On le déposera à l’église… ». Par acquit de conscience il lui mette de l’oxygène, pris par le temps, tout le monde se retrouve à l’hôpital. La grand-mère maternelle arrive, paniquée, effarée… Personne ne s’occupe de son gendre, il est laissé là, sur une civière dans un couloir… Elle a peur, elle a perdu son mari à cause de la route, cette maudite route qui lui fait tant de malheur. Le temps passe, et Dieu sait comme il s’écoule lentement le temps, dans ces cas là. Elle prie, prie encore, c’est tout ce qu’elle peut faire. Elle appelle, elle veut savoir. Enfin, un semblant d’attention. Sa fille est vivante. Son petit fils risque d’énormes séquelles, son cerveau est touché. Son gendre est condamné, pas la peine d’essayer. Pourtant, elle le veut, elle, qu’on essaye, elle ne souhaite pas à sa fille d’être comme elle, veuve avant l’heure. Finalement, coup de chance – si l’on peut dire – elle voit une amie, une chef de service ; lui explique la situation, depuis le matin son gendre est sur sa civière. Celle-ci fait bouger les choses. On s’occupe du père, mal en point, on le bidouille, il reste dans le coma. Alors la mère et la grand-mère vont attendre, attendre encore, prier tant qu’elles peuvent. La mère est jeune encore, 25 ans à peine, elle ne veut pas perdre son époux, son homme, le père de son fils, elle veut qu’il puisse encore lui donner des enfants… Elle l’aime… Elle espère la mère… et surtout, elle s’en veut ! Ce n’est pas sa faute pourtant, c’est la faute à pas de chance. Elle regardait la route, avec le levé de soleil, la brume matinale elle n’a pas vu le bus, le bus si blanc… Alors elle a dit au père d’avancer, ce qu’il a fait. Et quand elle s’est rendue compte de sa méprise, il était trop tard, le bus en surcharge conduit par un chauffeur ivre, n’a pas fait le moindre écart, il arrivait si vite que tout ce que la mère a pu faire c’est serrer son bébé contre elle le plus fort qu’elle pouvait. Une deux chevaux contre un bus… ça pardonne pas. Après, le choc. Ils ont été éjectés, tous, son bébé lui a échappé, désespérée, elle l’a vu s’envoler. Son mari – ironie du sort – est allé frapper en plein sur les panneaux qu’il avait installés la semaine passée. Le bus s’est arrêté à moins d’un mètre de la mère, l’enfant, son enfant, a été retrouvé au creux d’un fossé – presque à sec, heureusement. Elle ressasse, la mère et elle prie, elle alterne entre le chevet de son fils – si petit, il a tout juste un an ! – et celui du père. Enfin, il se réveille, cela fait dix jours qu’on le dit mort cliniquement. Plus d’espoir hein ? Elle a toujours de l’espoir, la mère. Pas de quoi la rassurer pourtant, mais elle ne lâche pas, elle le bénit de ne pas avoir donné ses organes. Il se réveille donc et il reprend vite du poil de la bête, il plaisante, plutôt vivant pour un mort. Autour de lui… un mot… un nom… il est devenu le Miraculé, ce n’est pas courant qu’un mort reprenne vie le jour de Pâques. Elle ne regrette pas, la mère, elle ne regrette pas d’avoir espéré, d’avoir attendu, insisté pour qu’on ne le débranche pas, non, elle ne le regrette pas. Aujourd’hui, ils vivent, ils gardent tous des traces de ce matin de mars. Bien sur, ils sont abimés, mais ils sont heureux. L’enfant a 30 ans, il n’est pas comme les autres… Son rêve ? Etre quelqu’un de normal. Il a une petite sœur, ses parents l’ont faite rapidement après l’accident, peut être pour faire la nique au destin. La mère est devenue grand-mère, épanouie, heureuse, le cœur sur la main. Alors oui, ce fut difficile, mais ils vivent… Pleins d’Espoir, grâce à l’Espoir, d’ailleurs ne dit on pas que c’est son rôle ?
A la maison
Publié par Yunette dans Histoires de Vie (et rien à voir avec les sims!)
Anni déambule, perdue dans ses pensées. La steppe environnante reste silencieuse. Soudain un son, clair, coloré, la ramène à la réalité. Elle se met à courir, pressée, ses souvenirs se confondant avec la réalité. On ne passe pas ainsi à quelques centaines de mètres d'un pan de son passé sans s'offrir un détour. Cet endroit, elle l’avait quitté pour un avenir meilleur, un avenir tout court, d’ailleurs. Elle l’avait trouvé, loin. Elle revoyait le jour de son arrivée, ce jour où elle fût prise en charge, où elle reçu un nom, ce nom qu’elle portait encore, qu’elle avait fait sien, Anni. Elle avait vécu ici, au milieu d’autres enfants qui, comme elle, s’étaient enfin découvert un foyer. Leurs parents avaient préféré les abandonner plutôt que de les voir mourir sous leurs yeux, plutôt que de se résigner à les manger. C’était terrible en 1922, terrible. Elle et les autres, ils avaient fuit, loin de tout ça, on aurait pu les suivre à la trace, il suffisait de repérer les corps décharnés laissés ça et là. Marche et crève, mais espère. Leur objectif était la frontière, le gouvernement n’acceptant pas les aides, il fallait qu’ils passent s’ils voulaient manger. Toujours plus vers l’ouest, la Finlande, et là, juste après les barbelés, les OMS comme on les appelle, les attendaient. Ils sont passés, peu y sont arrivés, peu ont survécu à ce périple. Des inconnus leur ont donné à manger, à boire, les ont réchauffés, habillés, rendus à la vie. Une nouvelle identité – procédure pas très légale – mais leurs sauveurs s’étaient attachés à eux. Ils ouvrirent un orphelinat pour leurs miraculés. Et c’est là qu’Anni est née. Là qu’enfin, elle se sentit cernée par la vie, la vie palpitante et impatiente, la vie éphémère et scintillante ; là qu’elle a pu être insouciante, qu’elle a pu vivre sans craindre la faim, la terrible faim. Ce périple, elle s’en souvient, Anni, et là, près du premier lieu de son enfance, quand elle entend le marteau du forgeron, elle redevient la petite Annuska, celle qui courait au milieu des soufflets. Celle que l’on grondait parce qu’elle s’approchait trop du foyer, qu’elle posait ses mains sur l’enclume. Elle court, comme elle le peut, en cette matinée fraiche de 1990, elle a pu revenir en touriste, faire un pèlerinage dans ce village où elle a vu le jour, la première fois. Le village est en vue ! Elle trébuche, se rattrape à sa canne, relève les yeux et s’arrête net. Il a bien changé son village. C’était sans doute bien le son d’un marteau sur une enclume… Mais laquelle ? Une immense usine occupe l’emplacement de la forge de son père ; au vu de l’emblème or sur fond rouge, ce n’est pas lui qui a fait fortune. Des ouvriers, pressés, s’étonnent de voir une vieille dame plutôt bien vêtue, à genoux devant l’établissement, bredouillant des "papa, papa".
Encore un jeu d'écriture, là il fallait caser 2 phrases:
"On ne passe pas ainsi à quelques centaines de mètres d'un pan de son passé sans s'offrir un détour." celle ci devait être en 5 ème position "elle se sentit cernée par la vie, la vie palpitante et impatiente, la vie éphémère et scintillante" et celle là devait être insérée où bon nous semblait
Rire
Publié par Yunette dans Simili Fantasy Son rire cristallin résonne à mes oreilles. Pourtant je sais que je ne peux L’entendre encore, Elle n’est plus que le fruit de mon imagination. Au fin fond du labyrinthe, je ne La verrais plus. C’est le seul endroit que j’ai trouvé pour être sûr de ne plus La croiser. Elle m’a anéanti, et pourtant… pourtant… si je cherche la sortie « Par delà la cascade » a dit Le Vieux, c’est uniquement pour La retrouver.
Je ne sais ce que je souhaite, mais je sais ce qu’Elle fera, Elle me broiera le cœur, à nouveau, sans me regarder, sans même m’ignorer d’ailleurs, vu qu’Elle ne prend pas la peine de connaitre mon existence – il faut savoir que quelque chose existe si l’on veut l’ignorer. –
La dernière fois que je L’ai vue, j’arrivais, fier, je portais encore les cicatrices que m’avaient laissés les êtres que j’avais combattu pour Elle, pour La protéger, pour que Son peuple ne se fasse pas massacrer ! J’arrivais, donc, après une marche de plusieurs jours, chargé de présents pris chez nos ennemis, pour Elle !
Et… rien… pas un regard, ni pour moi, ni même pour mes cadeaux ! Mes hommes eurent droit à une grande cérémonie, mais moi, moi, j’étais oublié… au milieu de la salle du trône… On m’esquivait sans me voir… Jamais, au grand jamais, je n’ai ressenti tel sentiment ! La rage me serrait la gorge, impossible de prononcer quoi que ce soit, paralysé par ma haine et ma honte ! « Pourquoi, mais pourquoi m’évite-t-on ? Ai-je contracté une maladie qu’on m’aurait tue ? Ai-je accompli quelque acte innommable ? Une réponse ! Je vous en conjure ! Parlez-moi ! Ne me laissez pas dans l’ignorance ! Ne m’abandonnez pas à ma honte ! » Ainsi restais-je, prostré, sans pouvoir dire mot… Mortifié.
Alors Elle a rit… rit et rit encore… Ce rire… Je l’ai ressenti au plus profond de mon être… Elle ne voulait pas de moi, ma place n’était pas ici. J’ai laissé là mes trophées et je me suis dirigé vers la Porte Interdite, une arche en fait, qui n’a de porte que le nom ; chacun connait le destin de ceux qui la traversent : Nul n’en est jamais revenu… J’y suis entré, il fait sombre… le froid me glace, je ne vois pas même mes doigts au bout de mes bras tendus, mais j’entends ; j’entends la cascade au loin, bien que son rire me perce les tympans, alors je me dirige par là, pas la peine d’essayer de faire demi tour, je ne voyais plus l’arche après l’avoir passée. J’ai croisé Le Vieux, il donnait l’air d’être enraciné comme s’il avait toujours été là, une barbe longue et sinueuse, à l’image du labyrinthe…
Le cœur…
La flèche…
Tout me revient…
Je ne m’en suis jamais retourné en mon pays. Quand nous avons conquis la ville ennemie, il restait un archer embusqué, mes hommes l’ont neutralisé… mais trop tard… un rien trop tard… l’éclat de métal avait transpercé mon cœur.
Elle ne m’ignorait pas… Non, Elle ne riait pas…
Ce texte est le résultat d'un jeu d'écriture.
Le sujet était l'Humiliation ainsi qu'une image de H.R. Giger |


Vendredi 16 Janvier 2009 à 03:38

